La dépendance face au cannabis

On a souvent l’occasion de parler ou de voir des études sur la dépendance du cannabis, mais la limite entre usage régulier contrôlé et dépendance n’est pas encore bien définie. À la différence d’autres substances, le cannabis possède des composants qui agissent de manière similaire aux endocannabinoïdes, substance que nous avons naturellement dans notre corps et que l’on retrouve, toujours naturellement, dans le lait maternel de beaucoup de mammifères.

Nous utilisons le cannabis à différentes fins, autant médicinales que récréatives. Dans la plupart des croisements dits « commerciaux », les effets retrouvés sont généralement euphoriques, stimulant facilement le rire, tout en apportant un effet de bienêtre qui viendra estomper voir éliminer certaines douleurs, pour ensuite offrir un effet « down », appelée « redescente d’effets », généralement exprimé par une légère somnolence.

Il arrive parfois que le système psychomoteur soit affecté par ces effets, en impactant la faculté à se concentrer, voire même la mémoire à court terme. À part ces effets, qui ne sont pas les mêmes pour tout le monde, vous pourrez aussi retrouver une baisse de la pression intraoculaire, une baisse de tension générale, mais aussi des effets antiinflammatoires, et d’autres qui relâchent le muscle sympathique pour provoquer la faim, inhiber la croissance tumorale etc…

Durant une utilisant fréquente sur le long terme, il a été enregistré des changements au niveau cognitif, où la concentration et la mémoire à court terme sont les plus affectés, avec des effets similaires aux benzodiazépines, sauf que les effets provoqués par le cannabis sont réversibles entre 4 et 6 semaines, alors que ceux des médicaments, pas tellement.

Il a récemment été découvert que le système endocannabinoïdes du corps réponds aux stimulis des cannabinoïdes grâce aux récepteurs CB1 et CB2. Le premier se retrouve en abondance dans le système nerveux central, et se couple à la protéine G, alors que le second occupe une place plus périphérique et entretient une relation plus proche avec le système immunologique.

Les principaux activateurs de ces deux récepteurs sont les dérivés de l’acide arachidonique, qui sont synthétisés par le corps selon les nécessités, et pour approvisionner les nécessités du système cardiovasculaire, respiratoire, moteur, gastro-intestinal, et d’autres encore.

Ces activateurs ne restent pas stockés dans le cerveau en formant des trous dans le cerveau comme le disait les pharmacies à l’époque pour attirer les clients. Dans la réalité, ces activateurs libèrent une inhibition rétro synaptique, quand des zones déterminées du cerveau sont impliquées dans des fonctions d’apprentissages, de mouvements, de concentration, de douleur etc… se retrouvent trop stimulées, à cause d’un excès de calcium intracellulaire dans le neurone postsynaptique. Dans ce cas, c’est quand le corps synthétise ces cannabinoïdes pour activer ces récepteurs qu’ils endossent une fonction neuroprotectrice, afin d’éviter que d’autres parties du cerveau se retrouvent trop stimulées.la dependance face au cannabis

Pour le moment, une nécessité physique des cannabinoïdes après une longue utilisation de ces composants n’a pas été démontrée, alors que la tolérance pharmacologique, elle, a déjà été démontrée. Cela signifie que vous devrez augmenter la dose de cannabis pour trouver le même effet que vous aviez ressenti la fois d’avant. Vous n’avez aucune crainte à avoir en dosant votre cannabis, car il faudrait pouvoir concentrer plus de 40 000 fois une dose moyenne pour pouvoir souffrir d’une hémorragie interne ou d’un arrêt cardiaque. Celui qui essayera donc de se suicider avec le cannabis finira donc surement par s’endormir et se réveiller après plusieurs heures de sommeil, sans trop de risques donc. Une étude sur les rats a pu déterminer qu’une dose létale varie entre 800 mg et 1200 mg par kilo. Appliqué à l’homme, cela signifie qu’il faudrait qu’un individu de 80 kg soit capable d’ingérer, en une seule prise, environ 96 grammes de pur THC (extrait donc, puisqu’il est présent à hauteur de 20-30% dans la plante de cannabis), il sera donc très difficile, voire impossible, d’arriver à ce seuil!

La tolérance démontrée de cette plante est bien plus physique, chaque fois que vous fumez donc, vous accoutumez votre corps à ces stimuli, et comme vous vous trouvez dans un état psychophysique, vous vous convaincrez inconsciemment que sans cette substance, il vous sera impossible d’arriver aux mêmes degrés de plaisir que ceux que vous trouvez en fumant.

Cela signifie que si vous fumez quand vous êtes contents ou avez l’habitude d’être en compagnie, vous le ferez de manière régulière et constante sur le long terme (de 1 mois à plusieurs années). Vous êtes donc, à ce moment-là, en train de vous convaincre inconsciemment que vous ne pouvez pas sortir sans fumer, ou du moins que vous seriez plus heureux en fumant. Au contraire, en étant triste, ou nerveux, vous trouverez du plaisir mais aussi du scrupule en consommant cette substance.
la dependance face au cannabis

À l’heure de se séparer de cette substance, votre corps aura besoin d’entre 4 et 6 semaines pour reprendre ses fonctions régulières. À cet instant vous n’aurez pas de syndrome d’abstinence, grand avantage du cannabis, exprimé par des vomissements, tremblements, maux de cœur ou nausées ; car à aucun moment votre corps ne s’arrête de produire des hormones en consommant cette plante, contrairement à la cocaïne par exemple, qui envahit les récepteurs de la dopamine en bloquant ainsi sa production. C’est-à-dire que lorsque vous ne stimulerez pas ces récepteurs, le corps demandera de la dopamine, mais les glandules coupables de la production ne seront pas en mesure de produire suffisamment de dopamine pour satisfaire les exigences du corps. C’est à ce moment-là que commencent à apparaitre les signes d’un syndrome d’abstinence. Vive le cannabis donc, car l’un des pires effets de sevrage ne lui ai pas attribué.

D’après ces informations, vous ne pourrez donc pas expérimenter de dépendance physique, simplement parce que cela est chimiquement impossible. Par contre, la dépendance psychologique peut être réelle, mais partira toute seule avec un peu de patience et une bonne occupation lors de l’arrêt de la consommation du cannabis !

Auteur: Fabio Inga

Traduction: Sylvain P.

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